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03/08/2026

Cybersecurity Insights

L’Europe peut-elle réglementer sa voie vers la souveraineté numérique ?

Depuis 2022, l’Union européenne a profondément modifié sa posture dans le cyberespace. En attendant de pouvoir rivaliser industriellement avec Washington et Pékin, Bruxelles transforme elle aussi la régulation en instrument géopolitique. Longtemps perçue comme une puissance normative avant tout préoccupée par la protection des données et la concurrence, l’UE adopte désormais une approche plus offensive et stratégique, dans un contexte géopolitique marqué par la guerre en Ukraine et la menace russe, la montée des tensions sino-américaines, l’explosion des cybermenaces et la dépendance critique de l’Europe aux technologies étrangères. Pour les institutions européennes, la cybersécurité est désormais perçue comme un sujet de sécurité nationale et non plus de conformité IT.

Cette évolution marque un changement doctrinal majeur : la cybersécurité, la maîtrise des données et la résilience numérique ne sont plus seulement des sujets techniques ou économiques, mais des enjeux de souveraineté, de puissance et de résilience stratégique. Face à des investissements massifs des États-Unis et de la Chine dans l’intelligence artificielle, le cloud, les semi-conducteurs ou les infrastructures critiques, Bruxelles mise sur un levier actionnable à court terme qu’elle maîtrise historiquement mieux que ses concurrents : la régulation.

L’objectif est clair : compenser le retard industriel européen par une capacité à imposer des normes structurantes à l’échelle mondiale, tout en réduisant progressivement les dépendances stratégiques aux acteurs américains et chinois.

Une Europe qui fait de la régulation un outil géopolitique

Le précédent du RGPD avait déjà démontré la capacité européenne à exporter ses standards au-delà de ses frontières. Depuis 2022, cette logique s’est considérablement accélérée avec une multiplication de textes visant à encadrer l’espace numérique, sécuriser les infrastructures critiques et limiter les risques systémiques liés aux grandes plateformes technologiques.

 

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de dégradation sécuritaire durable. Les cyberattaques contre les administrations, hôpitaux, opérateurs d’importance vitale ou chaînes logistiques se multiplient, tandis que les menaces hybrides — mêlant désinformation, sabotage numérique et pression économique — deviennent centrales dans les rapports de force internationaux.

 

Cette nouvelle posture s’est encore renforcée avec la proposition, en janvier 2026, d’un nouveau paquet réglementaire baptisé « Omnibus digital », destiné à améliorer la résilience des services essentiels et des institutions démocratiques face aux cyberattaques et aux opérations hybrides. Le texte prévoit notamment un durcissement des exigences de sécurité pour les infrastructures critiques et l’exclusion explicite des fournisseurs considérés comme « à haut risque » issus de pays tiers.

 

En pratique, cette orientation cible principalement les équipementiers chinois comme Huawei ou ZTE, dans la continuité de la boîte à outils européenne sur la cybersécurité de la 5G. L’Union européenne assume désormais une logique de réduction des dépendances technologiques jugées critiques pour sa sécurité collective.

Une relation ambivalente avec les États-Unis

Si la position européenne vis-à-vis de la Chine apparaît de plus en plus ferme, la relation avec les États-Unis reste plus complexe.

 

L’Europe demeure profondément dépendante des acteurs américains dans des secteurs stratégiques : hyperscalers cloud, intelligence artificielle, systèmes d’exploitation, cybersécurité, semi-conducteurs ou plateformes numériques. Les géants technologiques américains occupent aujourd’hui une place structurante dans l’économie numérique européenne.

 

Cette dépendance nourrit des inquiétudes croissantes au sein des institutions européennes et des directions cybersécurité des grandes entreprises. Le risque de ce que certains appellent un « kill switch » — la capacité d’un fournisseur ou des autorités américaines à suspendre unilatéralement l’accès à un service critique — n’est plus, depuis le 12 juin 2026, une hypothèse théorique. Ce jour-là, à 17h21 heure de la côte Est, le département américain du Commerce adressait à Anthropic une directive de contrôle à l’export ordonnant la suspension immédiate de ses deux modèles les plus avancés — Claude Fable 5 et Mythos 5 — pour l’ensemble des ressortissants étrangers, qu’ils se trouvent aux États-Unis ou à l’étranger, y compris les propres salariés étrangers de l’entreprise. Trois jours après son lancement, le modèle le plus avancé jamais ouvert au public par Anthropic venait d’être éteint sur ordre du gouvernement américain, au nom de la sécurité nationale.

 

La suite est vertigineuse. Incapable de distinguer techniquement ses utilisateurs selon leur nationalité, Anthropic n’a eu d’autre choix que d’éteindre les deux modèles pour l’ensemble de sa base mondiale — le tout à peine soixante-douze heures après leur mise en ligne. La désactivation s’est propagée mécaniquement sur l’ensemble des plateformes partenaires : Amazon Bedrock, Google Vertex AI, Microsoft Foundry. Des dizaines de milliers d’entreprises européennes, dont beaucoup avaient intégré ces modèles dans des processus critiques, se sont retrouvées privées d’outils sans préavis, sans délai de transition, sans recours.

 

La coupure d’Anthropic n’a pas créé le problème : elle l’a rendu visible. Des pans entiers de l’activité économique européenne reposaient sur ces modèles, intégrés à la hâte dans des processus critiques, sans filet de sécurité ni alternative identifiée. Le rapport « Vers un barreau souverain », présenté au Conseil de l’Ordre des avocats de Paris en mai 2026, soit moins d’un mois avant la décision, avait précisément identifié ce risque : « les autorités nationales françaises compétentes en matière de cybersécurité ont souligné que l’hypothèse d’une restriction ou d’une suspension d’accès à certaines technologies, parfois désignée sous le terme de kill switch, ne relève pas d’une hypothèse théorique. » La prophétie venait de s’accomplir.

 

Pour les décideurs européens, la leçon est double : la dépendance à des fournisseurs extra-européens soumis à des logiques politiques et juridiques étrangères constitue un risque systémique réel, non un fantasme d’expert. Et ce risque peut se matérialiser à tout moment, pour des raisons extérieures à la relation commerciale elle-même. Plusieurs États membres avaient d’ailleurs déjà initié des démarches de « derisking » vis-à-vis des technologies extra-européennes dans leurs administrations, dont la France et l’Allemagne. L’affaire Fable 5 a transformé ces précautions en urgences stratégiques.

 

La relation avec Washington reste néanmoins plus nuancée qu’avec Pékin. L’Union ne peut pas, à court terme, se passer des technologies américaines. Le CLOUD Act cristallise particulièrement les tensions : cette législation américaine permet, sous certaines conditions, aux autorités des États-Unis d’exiger l’accès à des données détenues par des fournisseurs américains, indépendamment de la localisation physique des serveurs. Le Digital Markets Act (DMA) et le Digital Services Act (DSA) illustrent la stratégie d’encadrement retenue : empêcher que les infrastructures informationnelles européennes ne soient entièrement contrôlées par des acteurs non européens, sans pour autant rompre les relations commerciales.

NIS2 et le passage d'une cybersécurité déclarative à une cybersécurité démontrable

La directive NIS2 (et ses Lex Specialis comme DORA) constitue probablement le texte le plus structurant pour les acteurs cybersécurité et GRC (Gouvernance (Cyber), Risques et Conformité). Avec NIS2, l’Union européenne change radicalement de paradigme : la cybersécurité ne relève plus uniquement des équipes techniques — elle devient un sujet de gouvernance et de responsabilité exécutive.

 

Le texte étend considérablement le nombre d’organisations concernées, couvrant désormais des secteurs essentiels et importants : énergie, santé, transports, finance, industrie, numérique, eau, spatial ou encore administrations publiques. Surtout, NIS2 impose une logique de preuve. Les entreprises doivent démontrer concrètement leurs mesures de sécurité à travers des audits, des dispositifs de contrôle, des mécanismes de gestion des incidents et une gouvernance documentée des risques cyber.

 

Pour les équipes GRC, ce changement est fondamental. La conformité cyber ne peut plus être gérée comme un exercice documentaire : elle nécessite une capacité opérationnelle continue, mesurable, auditée. Cela implique concrètement :

  • une explosion des obligations de preuve ;
  • une révision de la contractualisation avec les fournisseurs — notamment les prestataires cloud et IA ;
  • une gouvernance des tiers renforcée et une pression accrue sur les boards.

 

L’affaire Fable 5 illustre parfaitement cette logique : les entreprises qui avaient intégré ces modèles sans plan de continuité ni alternative identifiée se retrouvent en situation de défaillance opérationnelle imputable à une décision géopolitique extérieure. NIS2 exige précisément que ce type de scénario soit anticipé, documenté et adressé.

 

La transposition encore incomplète de NIS2 dans certains États membres crée toutefois des incertitudes opérationnelles pour les entreprises multinationales, confrontées à des rythmes et des interprétations nationales différents.

Le Cyber Resilience Act : sécuriser les produits numériques dès leur conception

Le Cyber Resilience Act (CRA) marque une autre évolution majeure : l’extension des exigences cyber aux produits numériques eux-mêmes. Le règlement fait suite aux incidents liés aux vulnérabilités critiques type Log4Shell et SolarWinds, et à la difficulté de sécuriser les composants logiciels tiers, l’OT et les IoT. Il impose aux fabricants de produits comportant des éléments numériques de respecter des exigences de cybersécurité tout au long du cycle de vie. Les vulnérabilités activement exploitées ainsi que les incidents graves devront être notifiés sur une plateforme européenne unique à partir de septembre 2026.

 

Le CRA introduit une logique de « security by design » à l’échelle du marché européen. Les fabricants devront démontrer : une gestion sécurisée des vulnérabilités, des mécanismes de mise à jour, une documentation de sécurité et des capacités de réponse aux incidents.

 

Pour les équipes GRC, cette évolution a un impact significatif sur les chaînes de fournisseurs et sur les relations contractuelles entre industriels, éditeurs et sous-traitants. Démontrer la conformité CRA d’un composant tiers intégré dans un produit critique — et a fortiori d’un composant IA dont la disponibilité peut être suspendue par décision d’État — devient un exercice à part entière de la gestion des risques fournisseurs.

 

Par ailleurs, les expériences acquises dans l’IT autour de la gestion des incidents et des vulnérabilités seront précieuses aux équipes produits.

L'IA Act : première tentative mondiale d'encadrement de l'IA

Avec l’IA Act, l’Union européenne ambitionne de devenir la première puissance à encadrer de manière exhaustive les usages de l’intelligence artificielle. Le règlement adopte une approche fondée sur les risques, avec des obligations graduées selon le niveau de criticité des systèmes d’IA. Les systèmes dits « à haut risque » devront respecter des exigences strictes de gouvernance, de documentation, de qualité des données et de supervision humaine.

 

L’IA Act poursuit plusieurs objectifs : prévenir les usages incompatibles avec les valeurs européennes, renforcer la confiance dans l’IA, limiter les risques systémiques et favoriser l’émergence d’un marché européen de l’IA de confiance. Pour les équipes GRC, il introduit une nouvelle dimension : évaluer la conformité des systèmes d’IA intégrés dans les processus métier, y compris ceux fournis par des tiers extra-européens dont la disponibilité, comme l’illustre le cas Fable 5, ne peut être garantie contractuellement.

 

Le défi pour l’Europe sera d’éviter que cet encadrement nécessaire ne devienne un désavantage compétitif vis-à-vis d’acteurs américains ou chinois soumis à des contraintes moindres — sans pour autant renoncer aux protections que ces textes instituent.

Le risque de fragmentation réglementaire

Le principal paradoxe européen réside peut-être ici : la régulation est devenue son principal levier stratégique, mais cette multiplication normative comporte aussi des risques. Les entreprises européennes font désormais face à une superposition de textes — NIS2, DORA, CRA, AI Act, DSA, DMA, Data Act, CER — tous convergeant vers le même objectif : déplacer la cybersécurité du périmètre technique vers celui de la responsabilité stratégique.

Cette densification réglementaire entraîne une complexité croissante pour les directions cybersécurité, conformité et juridique. Le risque est double : une fragmentation des interprétations nationales, et une surcharge de conformité pesant particulièrement sur les ETI et PME. La révision du Cybersecurity Act proposée dans le cadre de l’Omnibus digital vise justement à simplifier certains mécanismes tout en renforçant les schémas de certification européens. Mais l’équilibre reste délicat : protéger le marché européen sans créer une bureaucratie qui freinerait l’innovation.

Vers une souveraineté en deux temps : les armes du présent et celles du futur

Pendant longtemps, le reproche adressé à la stratégie numérique européenne était légitime : l’Europe régulait ce qu’elle ne produisait pas. Elle imposait des normes à des technologies dont elle dépendait. Cette tension demeure — mais elle est en train de se résorber, par une combinaison inédite d’instruments à court et à long terme.

 

À court terme, le corpus réglementaire déjà en vigueur ou en cours de déploiement constitue une première ligne de défense réelle. NIS2 oblige les organisations à documenter leurs dépendances critiques et à démontrer leur résilience — ce qui inclut désormais explicitement les dépendances aux fournisseurs d’IA extra-européens. Le CRA impose la sécurité dès la conception des produits numériques et introduit une obligation de continuité sur le cycle de vie. DORA, pour le secteur financier, exige une évaluation et une contractualisation rigoureuses des risques tiers, y compris les risques de concentration. L’Omnibus digital, en durcissant les exigences sur les infrastructures critiques et en excluant les fournisseurs à haut risque, traduit en obligations formelles ce que l’affaire Fable 5 a rendu évident : une dépendance technologique non maîtrisée est un risque systémique, pas un risque résiduel.

 

Pour les équipes GRC, ces textes ne sont pas seulement des contraintes : ils deviennent des leviers. Exiger contractuellement des garanties de continuité de service, démontrer à sa direction la réalité du risque géopolitique fournisseur, piloter activement la diversification technologique — voilà des missions que la régulation européenne légitime et outille désormais explicitement.

 

À long terme, c’est le Paquet pour la souveraineté technologique européenne présenté par la Commission le 3 juin 2026 qui change réellement l’équation. Ce paquet comprend deux propositions législatives majeures — le Chips Act 2.0 et le Cloud and AI Development Act (CADA) — ainsi qu’une Stratégie pour l’open source et une feuille de route pour la digitalisation de l’énergie. Pour la première fois, l’Union européenne ne se contente plus d’encadrer les technologies d’autrui : elle se dote des instruments pour produire les siennes.

 

Le Chips Act 2.0 vise à renforcer l’industrie européenne des semi-conducteurs et à réduire les dépendances stratégiques — les mêmes puces qui alimentent les modèles d’IA dont la suspension brutale a mis en lumière notre vulnérabilité. Le CADA, de son côté, vise à tripler au minimum la capacité européenne en centres de données dans les cinq à sept prochaines années, à simplifier les procédures d’autorisation, et à établir un cadre de souveraineté cloud et IA à l’échelle de l’Union — ce qui inclut une définition commune de la souveraineté et un dispositif d’achats publics coordonnés. L’objectif déclaré est de permettre à l’Europe de développer, déployer et sécuriser les technologies dont ses citoyens, entreprises et administrations dépendent, en réduisant les dépendances structurelles qui ont rendu possible un épisode comme celui du 12 juin.

 

Comme l’a formulé la présidente von der Leyen au moment de présenter ce paquet : « Nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre d’autres pour les technologies qui font fonctionner nos hôpitaux, stabilisent nos réseaux électriques et sécurisent nos services. » Ce n’est plus un vœu programmatique : c’est un constat tiré des faits.

 

La souveraineté numérique européenne n’est donc plus un projet uniquement normatif. Elle est en train de devenir une architecture à deux niveaux : des règles qui imposent dès aujourd’hui la maîtrise des dépendances, et des capacités industrielles qui, demain, permettront de les réduire à la source. La compliance GRC est au cœur de ce dispositif — non comme un exercice documentaire, mais comme un instrument de résilience stratégique.

Jules MEUNIER

Consultant GRC

François EHLY

Senior Manager GRC

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Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes de fin d’année hautes en couleur et à l’année prochaine pour une année 2025 exaltante ! 🎉

🎁 Merci à tous pour votre participation au quiz de l’avent, nous contacterons le gagnant très prochainement.

🎅 Chez Almond, l’esprit festif des fêtes de fin d’année est arrivé en avance !

Nos collaborateurs ont profité d’une soirée chaleureuse et joyeuse dans l’un des restaurants les plus spectaculaires de Paris, Le Cirque avec un cocktail dinatoire, des surprises et un Secret Santa.

Et un peu plus de magie de Noël ? Almond a également ouvert ses portes aux familles de nos collaborateurs pour une après-midi conviviale autour de l’arbre de Noël. Les enfants ont été captivés par des contes enchantés, de 1001 contes Constance Felix et ont savouré un goûter délicieux avec des chocolats chauds préparés par les Empotés. Le Père Noël a distribué des coloriages géants et des cadeaux pour le plus grand bonheur des enfants 🎁

Jour 23 |

Jour 22 | Laquelle de ces menaces n’est pas un cryptoransomware ?

  • Réponse 1 : Lockbit3
  • Réponse 2 : Phobos
  • Réponse 3 : NotPetya
  • Réponse 4 : WannaCry

Laïus explicatif : Bien que NotPetya ressemble à un ransomware, il s’agit en réalité d’un wiper. Ce malware rend indisponible les fichiers de la victime, mais ne fournit aucun moyen de les déchiffrer, même après le paiement de la rançon. L’objectif principal de NotPetya n’est pas l’extorsion financière, mais la destruction de données.
En cas d’incident, voici les coordonnées de notre CERT : alerte@cwatch.almond.eu +33 (0)1 83 75 36 94

Jour 21 | Vous dialoguez via votre terminal avec un service distant et vous vous rendez compte qu'il contient un stack-based overflow. Vous cherchez à l'exploiter à l'aveugle et trouvez finalement l'offset de l'adresse de retour, après avoir contourné les éventuelles protections. Vous cherchez maintenant un stop gadget pour continuer votre exploitation. Quelle est son utilité :

  • Réponse 1 : interrompre à la demande le flux d’exécution du binaire distant le temps de l’exploitation
  • Réponse 2 : obtenir une exécution fiable et maîtrisée avec un comportement reproductible
  • Réponse 3 : pouvoir mettre en pause le binaire temporairement pendant l’envoi de la payload
  • Réponse 4 : pouvoir stopper proprement le binaire afin d’éviter un éventuel crash à la fin de l’exploitation

Laïus explicatif : L’exploitation se déroulant en aveugle, il est nécessaire de trouver une adresse permettant d’obtenir un comportement particulier et reproductible à chaque exécution, comme l’affichage du texte « Bye ». Si une telle adresse est trouvée, elle correspond au stop gadget. Il permettra donc de continuer l’exploitation et de valider ou invalider nos déductions lors de l’exécution du binaire.

Jour 20 | Le terme "spam" pour désigner les messages indésirables provient initialement

  • Réponse 1 : D’une marque de jambon en boîte
  • Réponse 2 : D’un acronyme signifiant « Stupid Pointless Annoying Messages »
  • Réponse 3 : D’un sketch des Monty Python
  • Réponse 4 : D’un code utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale

Laïus explicatif : Ce mot, à l’origine un acronyme de : SPiced hAM (du jambon épicé en boîte vendue par une entreprise américaine), est repris en masse, pour brouiller la conversation, dans un sketch des Monty Python.

Jour 19 | L’acronyme PACS désigne  :

A. Un format permettant la visualisation des images dans l’imagerie médicale

B. Un système d’archivage et de communication d’images dans l’imagerie médicale

C. Un prestataire d’audit et de conseil en cybersécurité

D. Un pacte civil de solidarité

  • Réponse 1 : L’ensemble des réponses
  • Réponse 2 : Réponses C et D
  • Réponse 3 : Réponses B, C et D
  • Réponse 4 : Réponses A, C et D

Laïus explicatif :

Un PACS, dans le secteur de l’imagerie médicale, désigne effectivement un système (et non un format) signifiant « Picturing Archiving and Communication System » permettant de gérer les images médicales grâce à des fonctions d’archivage.

De plus, depuis septembre, l’ANSSI a publié un référentiel d’exigences qui permet aux commanditaires de prestations de sécurité de bénéficier de garanties sur les compétences des prestataires, sur le processus d’accompagnement et de conseil, ainsi que sur la sécurité des systèmes d’information associés. Ce référentiel vise à reconnaître officiellement les prestataires en tant que « Prestataires d’accompagnement et de conseil en sécurité ».
Enfin, en France, le PACS désigne aussi une forme d’union civile dénommée Pacs.

Jour 18 | En quelle année l'ANSSI prévoit de ne plus recommander l'utilisation de certains algorithmes de chiffrement classiques en raison de l'augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs classiques et de la menace posée par les ordinateurs quantiques ?

  • Réponse 1 : 2026
  • Réponse 2 : 2030
  • Réponse 3 : 2035
  • Réponse 4 : 2050

Laïus explicatif : Dans son dernier avis sur la migration vers la cryptographie post quantique, paru en janvier 2024, l’ANSSI encourage tous les éditeurs à mettre en œuvre dès à présent une hybridation entre la cryptographie standard et la cryptographie post-quantique (pour les produits qui doivent protéger des informations après 2030) et recommande d’utiliser en priorité la cryptographie post-quantique à partir de 2030.  

Jour 17 | Quelle est la dernière course à laquelle j’ai participé ?

  • Réponse 1 : Le Vendée Globe
  • Réponse 2 : National Figaro 3 en équipage
  • Réponse 3 : La Solitaire du Figaro Paprec
  • Réponse 4 : Le Havre Allmercup

Laïus explicatif : Le National Figaro 2024 s’est déroulé du 4 au 6 octobre dernier à Lorient. Thomas et son équipe sont arrivés en 2e position ! Cette course clôture ainsi la saison 2024 sur le circuit Figaro. 

  • Réponse 1 : Aetheris

  • Réponse 2 : Venopie

  • Réponse 3 : Lumidus

  • Réponse 4 : Pandama

Laïus explicatif : Au sein de la plateforme d’attaque – défense M&NTIS, le scénario Pandama propose une kill chain dont l’impact, après compromission du contrôleur de domaine, permet de déployer, par GPO, une charge utile effaçant les données présentes sur les systèmes de fichiers du SI simulé.

Pour rappel, basé sur les technologies d’émulation d’adversaire et de Cyber Range, M&NTIS permet d’exécuter des campagnes d’attaques réalistes afin de challenger dans un environnement immersif les procédures et l’expertise des équipes SOC et CERT. M&NTIS répond ainsi aux enjeux d’amélioration continue de la défense.

Jour 15 | Quel type de menace ne fait pas parti de l’insider threat?

  • Réponse 1 : Malicious
  • Réponse 2 : Ransomware group
  • Réponse 3 : Negligent
  • Réponse 4 : Vendors

Laïus explicatif : Almond a proposé une étude sur la menace interne qui décrit chaque type d’insider. Les groupes de ransomware sont externes à l’entreprise mais peuvent recruter des employées pour récupérer des accès valides et compromettre l’entreprise. Retrouvez l’étude ici.

Jour 14 | Selon vous, quelle proportion des cyberattaques réussies sont liées à une erreur humaine ?

  • Réponse 1 : 40%

  • Réponse 2 : 100%

  • Réponse 3 : 70%

  • Réponse 4 : 90%

Laïus explicatif : 90% des cyberattaques trouvent leur origine dans une erreur humaine. L’erreur humaine en cybersécurité englobe toutes les actions, conscientes ou non, qui exposent les systèmes et les données à des menaces. Cela inclut des gestes apparemment innocents, comme le fait de :

  • Cliquer sur les liens malveillants
  • Utiliser des mots de passe faibles ou partagés
  • Partager des informations sensibles
  • Négliger la mise à jour des logiciels et systèmes
  • Commettre une erreur de configuration ou mal administrer les accès
  • Utiliser des clés USB non sécurisées ou prévenant de sources inconnues

Jour 13 | Almond & Amossys sont présents en France et à l’international pour garantir proximité et réactivité grâce à nos services 24/7. Dans quels pays se trouvent nos équipes ?

  • Réponse 1 : FRA – CHE – AUS – JPN

  • Réponse 2 : FRA – CAN – CHE – KOR

  • Réponse 3 : FRA – AUS – CAN – GBR

  • Réponse 4 : FRA – BEL – ITA – USA

Jour 12 | Challenge OSINT

Val Thorens

Laïus explicatif : Depuis plusieurs années consécutives, notre CSE organise des séjours à Val Thorens pour profiter des sports d’hiver. Que l’on aime dévaler les pistes de ski à toute allure, tenter l’aventure en prenant des cours d’initiation ou simplement déguster une raclette après une randonnée raquette et un passage à la piscine et au sauna, ce séjour est l’occasion de partager des moments convivaux avec ses collègues ! TIC, TAC, le prochain séjour ski approche à grands pas !

Jour 11 | Parmi ces propositions, quelle technique Mitre Atta&ck est la plus utilisée par les attaquants ?

  • Réponse 1 : OS Credential Dumping
  • Réponse 2 : Valid Account
  • Réponse 3 : Impair Defenses
  • Réponse 4 : Remote services

Laïus explicatif : L’achat ou la récupération de comptes valides sont de plus en plus commun. Certains cybercriminels appelés Initial Access Broker se spécialisent dans la compromission de victimes dans le but de récupérer des identifiants valides qui seront ensuite vendus à d’autres cybercriminels comme les groupes de ransomware.

Jour 10 | Parmi ces structures de données de la mémoire dans Windows, quelle est celle qui permet de lister les processus en cours d’exécution ?

  • Réponse 1 : EPROCESS
  • Réponse 2 : Kernel Debugger Data Block (KDBG)
  • Réponse 3 : Kernel Processor Control Region (KPCR)
  • Réponse 4 : Process Environment Block (PEB)

Laïus explicatif : La structure EPROCESS (Executive Process) est utilisée par Windows pour gérer chaque processus en cours d’exécution. Elle contient des informations essentielles comme l’identifiant du processus (PID), l’état, les threads associés, et d’autres données nécessaires au système pour suivre les processus actifs. En analysant les structures EPROCESS, on peut lister les processus actuellement en mémoire. Le PEB est lié à chaque processus de manière individuelle. Enfin le KPCR est nécessaire pour trouver l’adresse du KDB qui à son tour permettra de pointer vers le EPROCESS.  

Jour 9 | Quel est le problème si la suite cryptographique TLS_RSA_WITH_AES_256_CBC_SHA256 est utilisée avec l'extension encrypt_then_mac pour la sécurité d'une communication TLS ?

  • Réponse 1 : L’algorithme de chiffrement est trop faible

  • Réponse 2 : L’intégrité de la communication n’est pas assurée

  • Réponse 3 : Il n’y a pas la propriété de confidentialité persistante (Perfect Forward Secrecy)

  • Réponse 4 : Le serveur n’est pas correctement authentifié

Laïus explicatif : La bonne réponse est le manque de confidentialité persistante.

La suite TLS_RSA_WITH_AES_256_CBC_SHA256 utilise la clé publique RSA du serveur pour chiffrer le secret partagé utilisé pour sécuriser les échanges de la session TLS : en cas de compromission de la clé privée du serveur, l’ensemble des échanges des sessions passées peuvent être déchiffrés par un attaquant.
La confidentialité persistante (connue sous le nom de Perfect Forward Secrecy en anglais) consiste en l’utilisation d’un échange Diffie-Hellman éphémère pour négocier le secret partagé, sans utilisation de la clé RSA du serveur.

Jour 8 | Quel est l'avantage d'utiliser un outil de couverture de code lors d'une session de fuzzing ?

  • Réponse 1 : Réduire le temps de fuzzing en optimisant certaines instructions assembleur.

  • Réponse 2 : Utiliser la technique de « pré-chauffage » du harnais (« warming code attack »).

  • Réponse 3 : Pouvoir analyser facilement les sections de code atteintes par le fuzzer.

  • Réponse 4 : Ne pas prendre en compte les vulnérabilités de type use-after-free.

Laïus explicatif : Les outils de couverture de code (“code coverage” en anglais) permettent de savoir avec précision quelles lignes de code d’un programme qui ont réellement été exécutées. Lors d’une session de “fuzzing”, ces outils peuvent aider l’analyste à savoir si les fonctions ciblées ont été atteintes par le fuzzer. Cette technique a notamment été utilisée par un membre de l’équipe Offsec pour trouver une vulnérabilité dans une bibliothèque open-source (voir notre article de blog)

Jour 7 | Quelle est la principale éthique qui doit être prise en compte dans le développement de l’Intelligence Artificielle ?

  • Réponse 1 : L’équité et la non-discrimination

  • Réponse 2 : La transparence des algorithmes utilisés

  • Réponse 3 : La sécurité et la confidentialité des données

  • Réponse 4 : Toutes les réponses

Laïus explicatif : L’équité et la non-discrimination sont des principes fondamentaux dans le développement de l’IA. Les systèmes d’IA doivent être conçus pour éviter les biais et assurer qu’ils ne favorisent pas des groupes spécifiques au détriment d’autres, afin de garantir un traitement juste et égal pour tous les utilisateurs. La transparence des algorithmes est cruciale. Les utilisateurs doivent comprendre comment les décisions sont prises par l’IA, ce qui inclut la possibilité d’expliquer les résultats ou actions générés par un système d’intelligence artificielle, afin d’éviter des décisions opaques ou injustes. La sécurité et la confidentialité des données sont enfin des préoccupations majeures lorsque l’on développe des systèmes d’IA, car ces technologies peuvent collecter et traiter des informations sensibles, ce qui soulève des questions sur la protection des données personnelles et la vie privée.

Jour 6 | Selon vous, en moyenne combien de ransomware ont eu lieu par jour en 2023 dans le monde ?

  • Réponse 1 : 1 par jour

  • Réponse 2 : 100 par jour

  • Réponse 3 : 30 par jour

  • Réponse 4 : 12 par jour

Laïus explicatif : En moyenne 12 attaques ransomware ont été signalées par jour par des victimes dans le monde en 2023 selon les chiffres d’Almond. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter notre Threat Landscape.

Jour 5 | Challenge de stéganographie

Réponse : PASSI RGS, PASSI LPM, CESTI, ANJ, Cybersecurity made in Europe, PCI QSA Company et Swift

Etape 1 : Observer l’image, trouver 3 logos cachés (Cybersecurity made in Europe, PCI QSA Company & Swift) et une indication pour chercher dans les métadonnées du fichier. 

Etape 2 : Challenge de stéganographie

En lançant dans son terminal un des outils les plus courants, « binwalk », on trouve une image JPEG dans le PDF. En extrayant les données grâce au même outil et en renommant le fichier en .jpeg, on voit apparaitre une image cachée. Ensuite, en utilisant « steghide », on peut extraire le fichier avec le mot de passe « Almond ». Ce fichier contient une suite de caractère encodée en base64. En la déchiffrant, on obtient les quatre autres certifications : PASSI RGS, PASSI LPM, CESTI et ANJ. 

Jour 4 | Concernant les accompagnements de la nouvelle qualification PACS de l’ANSSI, sur la portée Sécurité des Architectures, quels sont les domaines qui font partie du périmètre possible d’un accompagnement ?

  • Réponse 1 : la sécurité réseau, l’authentification, et l’administration du SI

  • Réponse 2 : la sécurité réseau, la sécurité système, et les mécanismes de chiffrement

  • Réponse 3 : l’administration du SI, le cloisonnement, les sauvegardes, et la stratégie de détection/réponse

  • Réponse 4 : tous ces sujets et plus encore

  • Laïus explicatif : Le référentiel PACS, sur la portée Sécurité des Architectures, porte bien sur tous les sujets liés de près ou de loin aux infrastructures du SI. La liste n’est pas exhaustive et est à adapter à chaque prestation d’accompagnement suivant le périmètre d’intervention. Dans le référentiel, l’ANSSI propose une liste de sujets à adresser dans un rapport PACS page 28 et 29.

    https://cyber.gouv.fr/sites/default/files/document/PACS_referentiel-exigences_v1.0.pdf

Jour 3 | Quel référentiel permet la certification de produits de sécurité ?

  • Réponse 1 : NIS2

  • Réponse 2 : Critères Communs

  • Réponse 3 : PASSI

  • Réponse 4 : ISO27001

Laïus explicatif : Le schéma Critères Communs est un ensemble de normes et méthodologies permettant de cadrer les moyens utilisés pour évaluer, de manière impartiale, la sécurité d’un produit de sécurité (logiciel ou matériel). Ce schéma est reconnu internationalement au travers de plusieurs accords (SOG-IS, CCRA et prochainement EUCC).

Le référentiel PASSI permet la qualification, par l’ANSSI, des prestataires d’audit de la sécurité des SI. ISO27001 est la norme décrivant les bonnes pratiques à suivre dans la mise en place d’un SMSI. Enfin, NIS2 est une directive visant à harmoniser et à renforcer la cybersécurité du marché européen.

Jour 2 | Quel est l’artefact forensique qui permet de prouver une exécution d’un programme sous Windows ?

  • Réponse 1 : JumpList

  • Réponse 2 : ShimCache

  • Réponse 3 : $MFT

  • Réponse 4 : Prefetch

Laïus explicatif : Le Prefetch est un artefact spécifique à Windows qui optimise le chargement des programmes. Lorsqu’un programme est exécuté pour la première fois, Windows crée un fichier dans le dossier C:\Windows\Prefetch, qui contient des informations sur le programme et les ressources qu’il a utilisées. Ces fichiers incluent également des horodatages correspondant à la première et aux dernières exécutions. L’existence d’un fichier Prefetch (.pf) pour un programme est une preuve solide qu’il a été exécuté. C’est l’un des artefacts forensiques les plus fiables pour prouver l’exécution d’un programme.

Jour 1 | Quel texte européen permettra qu’à partir de fin 2027, tous les produits vendus dans l’UE et comprenant des composants numériques seront exempts de vulnérabilités et maintenus pendant tout leur cycle de vie ? #DigitalTrust

  • Réponse 1 : Le Cyber Security Act
  • Réponse 2 : Le Cyber Resilience Act
  • Réponse 3 : La Directive REC
  • Réponse 4 : La Directive NIS2 

Laïus explicatif : Le Cyber Resilience Act, qui a été publié ces derniers jours au Journal Officiel de l’Union Européenne est entré en vigueur le 10 décembre 2024. A compter de cette date, les fabricants et éditeurs doivent adapter leur processus pour pouvoir continuer à vendre des produits au sein de l’UE après le 10/12/2027.

EU Cyber Resilience Act | Shaping Europe’s digital future